Les récents troubles survenus à Dubele, dans le secteur Mangbutu, ont provoqué de nombreux blessés et ravivé des tensions anciennes autour de la gouvernance locale. Au cœur des revendications, certains manifestants ont exigé le départ du chef de secteur, Augustin Amuta Maramudhi, accusé par ses détracteurs de nourrir l’ambition de transformer le secteur en chefferie.
Dans ces remous, un nom revient de manière insistante , celui d’Afounde Afongenda Sumbu, député provincial de la contrée et ministre provincial de la Santé et des ITPR. Plusieurs voix locales l’accusent d’alimenter les tensions, d’attiser les divisions internes et d’influencer une partie de la jeunesse afin de fragiliser l’autorité sectorielle.
Afounde Sumbu nie fermement ces accusations, qu’il qualifie de non fondées. Toutefois, ses accusateurs soutiennent que divers éléments feraient apparaître son implication dans la montée des tensions.
Selon certaines sources locales, la présence du ministre à Dubele le jour de la manifestation aurait exacerbé les émotions, alors même que des notables des deux camps tentaient de rapprocher leurs positions. D’autres témoignages évoquent des réunions tenues dans sa résidence à Watsa, au cours desquelles des consignes auraient été données à des groupes de jeunes en vue de maintenir une pression sur l’entité. Dans le même registre, l’association Amusani, considérée par certains comme proche du ministre a récemment publié une nouvelle déclaration appelant le gouverneur Jean Bakomito à suspendre le chef de secteur.
Au-delà de ces accusations spécifiques, plusieurs voix locales reprochent à Afounde Afongenda Sumbu une tendance à s’immiscer dans les affaires coutumières, en particulier dans la gestion du secteur Mangbutu. Issu de la communauté Mangbutu d’Arebi, perçue comme minoritaire, il lui est reproché par certains de chercher à influencer les décisions coutumières au-delà de ses prérogatives politiques.
Des témoignages recueillis à Dubele évoquent également un possible recours à des pressions d’ordre politique ou moral sur le chef du secteur. Certains affirment que l’élu se vanterait d’avoir contribué, aux côtés d’un sénateur de Watsa, à l’accession de Chef Amuta Maramudhi à la tête du secteur, insinuant ainsi qu’il pourrait influencer à tout moment sa destitution.
D’autres sources avancent que les tensions locales seraient davantage liées aux enjeux économiques du secteur qu’à la question du statut coutumier. Les revenus de l’entité et les fonds issus des redevances minières versées par Kibali Gold Mine constitueraient, selon elles, un point central dans cette lutte d’influence.
Concernant l’action publique, certains habitants de Dubele déclarent ne pas avoir constaté de réalisations majeures attribuées à Afounde Afongenda Sumbu, ni durant sa présidence de l’Assemblée provinciale, ni dans ses fonctions actuelles au gouvernement provincial. Ils évoquent l’absence d’infrastructures essentielles , hôpitaux, écoles, accès à l’eau et s’interrogent sur la légitimité d’un leadership politique perçu comme peu bénéfique pour la communauté.
À l’inverse, ils mettent en avant les actions concrètes réalisées par le chef de secteur Augustin Amuta Maramudhi au cours des deux dernières années.
La jeunesse de la population mangbutu affirment désormais vouloir rompre avec ce qu’elle considère comme des manipulations politiciennes et appelle à soutenir une dynamique de paix et de développement autour des autorités locales légitimes, notamment le Chef Augustin Amuta Maramudhi.
GS