Le feuilleton politico–coutumier de Mangbutu a connu un épisode d’une rare intensité. Le Ministre Afounde Afongenda Sumbu, déjà pointé du doigt dans plusieurs controverses locales, s’est offert malgré lui l’humiliation du siècle, selon de nombreuses sources sur place.
Son erreur ? Laisser transparaître, de manière grossière, son implication supposée dans une tentative de déstabilisation du secteur Mangbutu en cherchant à imposer un chef coutumier que la hiérarchie ne reconnaîtrait même pas.
Tout est parti d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit le ministre Sumbu débarquer à Dubele, épicentre des tensions entre deux groupes de notables Mangbutu. Sa présence, loin d’apaiser la crise, a plutôt servi de preuve pour ceux qui dénonçaient déjà sa main lourde et intéressée dans l’affaire.
Pire encore , selon plusieurs témoins, le notable Rosalin Dopase aurait failli en venir aux mains avec le ministre. Une scène qui, si elle s’était produite, aurait livré le ministre en pâture à la vindicte populaire.
Mais le véritable coup de tonnerre est tombé à Isiro. Alors que le Vice-Premier ministre de l’Intérieur et le chef national des autorités coutumières effectuaient une visite officielle, le nom d’Afounde Afongenda Sumbu circulait en très mauvaise posture. Des sources locales affirment que les services d’intelligence envisageaient même une arrestation immédiate, tant les accusations de manipulation coutumière commençaient à peser lourd.
Selon les mêmes sources, le ministre n’aurait échappé à la procédure qu’in extremis, grâce à la clémence ou la diplomatie du VPM, qui lui aurait servi une série d’avertissements sévères, qualifiés de tirage d’oreilles magistral par un témoin.
Depuis, les projecteurs sont braqués sur chacun des faits et gestes d’Afounde Afongenda Sumbu, que ses détracteurs décrivent comme un champion de la xénophobie et des déstabilisations rurales . À Watsa, où il aimait se donner des airs de super-héros, il s’est retrouvé isolé, éclaboussé par sa propre manœuvre, mouillé jusqu’aux os et recouvert d’un manteau de honte.
Pour beaucoup, les avertissements du VPM Jacquemain Shabani sonnent comme un message clair ; fini l’époque où certains politiciens transformaient les entités coutumières en vaches laitières et en propriétés privées.
La population de Watsa, elle, semble avoir retenu la leçon. Vigilante, éveillée, elle promet désormais de mettre des bâtons dans les roues à quiconque s’aventurerait à semer le désordre dans ses entités.
GS