Ce lundi 17 novembre 2025, la paroisse Sainte-Barbara de Kokiza a été le théâtre d’une réunion citoyenne au ton inhabituellement ferme. À l’initiative du notable John Oriane, les habitants des 21 villages de Kokiza se sont levés comme un seul homme pour dénoncer ce qu’ils qualifient désormais de négligence criante de la part des autorités et de la société minière Kibali Gold Mine.
Premier grief et pas des moindres . six mois d’obscurité totale, Six mois durant lesquels foyers, écoles, centres de santé et activités génératrices de revenus tentent de survivre dans les ténèbres. Une situation qualifiée de scandaleuse par plusieurs intervenants, qui voient dans cette pénurie d’électricité un mépris flagrant de la dignité humaine.
Deuxième douleur ; l’eau potable. Ou plutôt, son absence chronique. La population en est réduite à consommer une eau douteuse, au risque de provoquer une crise sanitaire majeure.
” Boire est devenu un acte dangereux “, a résumé un participant, visiblement à bout de patience.
Troisième humiliation; la route principale reliant les villages de Kokiza, désormais transformée en un véritable champ de bataille de nids-de-poule. Les habitants parlent d’une voie mourante, qui isole davantage les localités et étouffe les ambitions de développement déjà fragilisées.
Face à ce triple abandon, John Oriane n’a pas mâché ses mots. Il a salué la détermination des habitants avant de lancer un appel direct et sans détour au gouvernement ainsi qu’à Kibali Gold Mine
“Les promesses faites lors de la délocalisation ne peuvent plus rester des slogans creux ”
La population, galvanisée par cette rencontre, dit attendre des actions immédiates, pas des discours. Et pour maintenir la pression, John Oriane a annoncé une seconde réunion, cette fois décisionnelle, qui pourrait bien marquer un tournant dans les rapports entre la communauté, l’État et l’entreprise minière.
GS