La tension ne cesse de monter dans le territoire de Watsa. Le bras de fer autour de la succession au secteur Mangbutu prend une tournure explosive, au rythme des accusations et contre-accusations.
Dernier épisode en date : la tentative d’un groupe de notables d’installer un nouveau chef en remplacement du chef légitime, Amuta Maramudhi , une démarche que plusieurs voix locales attribuent à l’influence du ministre Sumbu. Une initiative qui a mis le feu aux poudres au sein de la notabilité et de la population.
Nyede fulmine : Depuis quand Watsa est-il devenu une concession privée ? Au sein du secteur Gombari, l’indignation est à son comble. Son représentant, Fiston Nyede, ne mâche pas ses mots. Pour lui, cette manœuvre ne reflète en rien la stature d’un ministre et démontre une volonté d’imposer sa loi dans les affaires coutumières du territoire.
” Trop, c’est trop ! Les manipulations attribuées à Mr. Sumbu ont dépassé les limites. Qu’il le sache , la notabilité de Watsa ne tolérera plus ces ingérences à répétition. Le territoire n’est pas son bien personnel ! ” , tonne Nyede.
Le notable l’accuse de mener une politique de division au sein de la communauté, avec des intrusions systématiques dans les dossiers locaux.
Fiston Nyede pousse même le débat sur un terrain plus sensible, celui des origines. Il s’interroge ouvertement sur la légitimité morale du ministre à traiter certains habitants de non originaires , alors que, selon lui, Mr. Sumbu serait de descendance iturienne du côté paternel.
” Au lieu de jeter l’anathème sur les autres, il devrait commencer par balayer devant sa propre porte” , lâche-t-il avec ironie.
Malgré la tension, le représentant de la notabilité de Gombari appelle la population de Watsa à garder son calme, mais aussi à barrer la route à toutes les manœuvres de division . Il accuse le ministre de vouloir dominer, fragmenter et mettre la main sur les ressources des entités coutumières.
” Les habitants doivent rester vigilants. Celui qui sème la zizanie pour mieux régner doit être clairement identifié et stoppé ” , insiste Nyede.
Alors que l’affaire continue de prendre de l’ampleur, une chose est sûre : le dossier Mangbutu devient un véritable test de résistance pour la cohésion sociale à Watsa.
GS